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Plateformes de freelance : une fausse bonne idée ?

Est-ce que c'est une bonne idée d'aller sur les plateformes de freelance ? Aujourd'hui, trouver des clients ne semble plus être une contrainte pour un indépendant : il a à sa portée des dizaines de plateformes de mise en relation entre freelance et client. Ça fait rêver, dit comme ça. Mais qu'est-ce qu'il en est réellement ? Je vais vous partager mon expérience sur ce genre de plateforme et vous décrire comment elles fonctionnent.

Plateformes de freelance : une fausse bonne idée ?
Rédigé par Alison Danis
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Le nombre de freelances ne cesse d’augmenter au fil des ans et ce chiffre devrait sans doute continuer de monter d’ici les prochaines années. Être indépendant en 2021, c’est beaucoup plus simple administrativement. C’est aussi une vie qui fait rêver de plus en plus de personnes. Et surtout, depuis l’explosion des plateformes de freelance, la crainte de ne pas trouver de clients est moins présente.

En tant que freelance depuis moins d’un an, à l’heure où j’écris cet article, j’ai forcément regardé ces plateformes dans l’idée de trouver facilement mes premiers clients, je partais de zéro. Je me suis inscrite sur Malt, sur Graphiste.com, Coworkees, Freelancr, Freelance.com et même Fiverr ! Et je vais me servir de ces références pour vous partager mon expérience.

Les avantages des plateformes de freelance

Pour se faire un avis, on dit qu’il est bon de peser le pour et le contre. J’aimerais donc partager avec vous les points positifs de ces plateformes de freelance, car il y en a.

Lorsque je me suis lancée en freelance, et même avant de me lancer officiellement, ma première inquiétude était de trouver mes premiers clients, mes premières missions. Je n’avais pas vraiment de réseau, pas de pistes, je partais vraiment de rien.
Au départ, je n’étais pas emballée par les plateformes de freelance, je n’avais pas eu forcément de bons retours et j’avais un peu peur de me faire avoir. Mais quand on a rien, on a rien. Et j’avais besoin de visibilité.

Être plus visible

Le premier avantage de ces plateformes, ça reste la visibilité. J’ai rencontré mon premier client sur Malt (même si je n’ai pas travaillé avec lui via la plateforme). Ce que j’apprécie sur Malt, c’est que c’est le client qui vient à vous et pas l’inverse. Et on verra plus tard que ça change beaucoup de choses.
Mais en quelques clics, des clients ont pu accéder à mon profil, découvrir que j’existais et ce que je pouvais faire. C’est un coup de pouce non-négligeable.
Dans le cas inverse, même si on répond à une recherche de prestataire, ça permet aussi de montrer son travail et de se faire connaître.

Un gage de sécurité

L’autre avantage, c’est que ces plateformes de freelance permettent de travailler plus sereinement. Je vais prendre l’exemple de Malt, mais vous n’avez pas (ou peu) de risque d’impayé en passant par eux. La prestation est payée par le client, Malt “stocke” et bloque l’argent le temps de la prestation, une fois le travail terminé, Malt débloque la somme et te la transfère sur ton compte. Ça peut éviter les mauvaises surprises.
Je n’ai jamais expérimenté cette partie, mais je ne sais pas ce qu’il se passe si le client décide de ne jamais valider le travail, j’imagine que l’argent reste toujours bloqué. Je n’ai pas la réponse à cette question.

Les inconvénients des plateformes de freelance

Oui, il y a forcément l’envers du décor… Et les désavantages que je vais vous présenter pèsent autant que les avantages dans la balance.

Une concurrence (trop) forte

Ça va de paire avec l’idée d’une solution clé qui nous permettrait de ne plus avoir à chercher de clients. Tout le monde veut en profiter.

Vous serez loin d’être le ou la seul(e) à proposer vos services, à moins d’être dans un secteur de niche. Certains secteurs sont même saturés de freelances. Résultat : vous êtes noyé(e) dans la masse et vous n’arrivez pas vraiment à augmenter votre visibilité. Pire, vous ne décrochez aucune mission.

Si je prends l’exemple des Graphic designer, ils sont nombreux à être freelances. C’est sans doute bien pour le client, car ça lui laisse l’embarras du choix. Mais ce large choix a des conséquences assez dramatiques pour les freelances, surtout pour les nouveaux ou ceux qui sont en difficulté financière. On va parler de ça dans le point qui suit.

Des freelances payés au lance-pierre

Le fait que l’offre soit plus forte que la demande fait forcément baisser les prix. Et le pire dans tout ça, c’est que les clients n’ont pas même pas besoin de négocier, certains freelances se bradent tout seuls.

Certains sont prêts à être payés une misère pour décrocher une mission qui en aurait valu le double, le triple ou même plus encore.
J’ai fait ce douloureux constat sur le site Graphiste.com. Clairement, je ne recommande pas ce site. Imaginez un bout de viande (le client) et des centaines de piranhas (les freelances). Vous y êtes.
Vous verrez des personnes souhaitant un logo, des cartes de visite et une identité visuelle complète pour moins de 300€. Ce qui veut dire si on prend un TJM moyen, tout ce travail doit être réalisé en moins d’une journée de travail. Mais ce n’est pas le pire. Certains freelances, pour décrocher le contrat, vont annoncer la réalisation de plusieurs variantes et des révisions illimitées. Vous vous demandez comment ils s’en sortent financièrement ? Moi aussi ! Il faut aussi se dire qu’il est impossible de livrer un travail de qualité.

Et c’est un cercle vicieux. Comment blâmer les clients quand on voit que les freelances se battent pour des miettes ? Si vous êtes freelance et que vous travaillez sur ces sites, ça va être compliqué de vous en sortir sur le long terme.

Vigilance sur les commissions et les frais d’abonnement

Dernier inconvénient des plateformes de freelance : l’argent que vous allez leur donner ! Il y a deux écoles sur ces sites : payer un abonnement pour accéder aux offres ou y répondre, soit, payer une commission au site.

Par exemple, sur Graphiste.com, vous pouvez vous inscrire gratuitement et voir les annonces. En revanche, si vous souhaitez y répondre, il faut prendre un abonnement mensuel à 29€ ou 99€. Donc le plus triste sur ce site, c’est qu’en plus de vous brader et de vous battre comme un chien enragé avec des dizaines d’autres freelances, vous devez payer pour ça !

L’autre exemple, que je prendrai sur Malt, c’est qu’ils appliquent une commission sur la prestation. Elle est de 10% dans leur cas, et elle peut varier en fonction des sites, de 5% à 30%. Si vous souhaitez travailler sur ce genre de site, vous pouvez le prendre en compte dans votre TJM pour ne pas y perdre. C’est déjà un peu plus raisonnable comme approche.

Pour ma part, je n’avais pas pensé à la commission lorsque je me suis inscrite sur Malt. Quand j’ai décroché ma première mission en tant que freelance, j’ai naïvement préparé mon devis sans prendre en compte ce pourcentage dans mon TJM. C’était un gros projet à plusieurs milliers d’euros, et 10% de plusieurs milliers d’euros ça fait une perte assez importante. Donc j’ai préféré gérer cette mission par mes propres moyens.

Plateformes de freelance : alors, on y va ou on n’y va pas ?

Si vous êtes encore en train de me lire, vous aurez sans doute compris que mon avis sur ces plateformes est assez négatif. Selon moi, les inconvénients sont trop importants par rapport aux avantages.

Toutefois, je tiens à nuancer mon propos, car tout n’est pas à jeter. La preuve, je reste inscrite sur Malt et je continue de mettre à jour mes disponibilités. Il arrive que des clients me contactent via le site. Libre à moi de choisir de travailler via la plateforme ou non. Mais ça m’offre une certaine visibilité. Surtout que dans le cas de Malt (et c’est sans doute le cas sur d’autres sites), c’est mon profil qui est mis en avant et pas une mission à laquelle je réponds. Et ça change tout car c’est le client qui me choisit. C’est ce qui m’a plu dans le cas de Malt.

Heureusement, vous n’avez pas à utiliser ces plateformes ou à y être inscrit(e) pour trouver des clients. Pour ma part, j’ai misé sur mon site pour être ma vitrine, ma présence sur les réseaux sociaux, le bouche à oreille et je suis active sur un groupe Slack dédié à l’UX et l’UI.

Vous avez toutes les clés désormais, il n’y a pas de solution miracle. À vous de voir comment vous souhaitez travailler. Dans mon cas, je n’avais pas envie de faire du démarchage et j’ai réussi à trouver des clients sans utiliser à 100% ces plateformes de freelance.

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